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L’Union europĂ©enne inflige une amende de 120 millions d’euros Ă  la plateforme X
BRUXELLES — La Commission europĂ©enne a infligĂ© vendredi une amende de 120 millions d’euros Ă  X, le rĂ©seau social d’Elon Musk. Il s’agit de la toute premiĂšre sanction prononcĂ©e en vertu du rĂšglement europĂ©en sur les services numĂ©riques (DSA). Cette dĂ©cision, qui risque d’exacerber les tensions avec les États-Unis, a d’ores et dĂ©jĂ  suscitĂ© des critiques de la part de J.D. Vance. Le vice-prĂ©sident amĂ©ricain a ainsi jugĂ© que cette amende Ă©tait une sanction pour “absence de censure”. Le montant de l’amende est pourtant modĂ©rĂ© par rapport aux sanctions infligĂ©es prĂ©cĂ©demment par Bruxelles aux entreprises technologiques.  Dans le cadre des nĂ©gociations commerciales, les États-Unis ont fait pression Ă  plusieurs reprises sur l’UE pour qu’elle assouplisse sa rĂ©glementation. X a Ă©tĂ© reconnu coupable de manquement aux obligations de transparence qui lui incombent en tant que trĂšs grande plateforme en ligne, au titre du rĂšglement sur les services numĂ©riques (DSA). La Commission a jugĂ© le design de la coche bleue de X “trompeur” aprĂšs sa transformation en fonctionnalitĂ© payante. L’exĂ©cutif europĂ©en a Ă©galement dĂ©clarĂ© que le rĂ©pertoire publicitaire de X manquait de transparence et ne permettait pas aux chercheurs d’accĂ©der aux donnĂ©es publiques, comme l’exige la loi. Cette amende ne marque que la fin d’une partie de l’enquĂȘte menĂ©e par l’UE et ouverte il y a prĂšs de deux ans. D’autres volets, portant sur les efforts dĂ©ployĂ©s par X pour lutter contre la diffusion de contenus illĂ©gaux et la manipulation de l’information, sont toujours en cours. Bruxelles subit une pression croissante de la part des dirigeants europĂ©ens, des eurodĂ©putĂ©s et des organisations de dĂ©fense des droits numĂ©riques pour conclure l’enquĂȘte sur X, et prouver ainsi son engagement Ă  protĂ©ger les citoyens en ligne.  “Notre objectif n’est pas d’infliger les amendes les plus Ă©levĂ©es, mais de garantir l’application de notre lĂ©gislation numĂ©rique. Si vous respectez nos rĂšgles, vous n’aurez pas d’amende”, a dĂ©clarĂ© Henna Virkkunen, vice-prĂ©sidente exĂ©cutive de la Commission europĂ©enne chargĂ©e de la souverainetĂ© numĂ©rique, lors d’un point de presse vendredi matin. En vertu du DSA, les entreprises peuvent ĂȘtre condamnĂ©es Ă  une amende pouvant atteindre 6 % de leur chiffre d’affaires annuel mondial. Si les revenus mondiaux de X sont estimĂ©s Ă  quelques milliards d’euros, ceux des entreprises de Musk sont bien plus importants. RĂ©pondant aux propos de Vance, Virkkunen a dĂ©clarĂ© aux journalistes : « Le DSA n’a rien Ă  voir avec la censure ; cette dĂ©cision concerne la transparence de X. » Elle a Ă©galement indiquĂ© que le montant de l’amende avait Ă©tĂ© jugĂ© “proportionnĂ©â€ et calculĂ© en tenant compte de “la nature de ces infractions, de leur gravitĂ© pour les utilisateurs europĂ©ens concernĂ©s et de leur durĂ©e”. InterrogĂ© sur la mĂ©thode de calcul de l’UE, un haut fonctionnaire de la Commission a rĂ©affirmĂ© le principe de proportionnalitĂ© et prĂ©cisĂ© qu’il ne pouvait ĂȘtre “rĂ©duit Ă  une simple formule Ă©conomique”. De son cĂŽtĂ©, la ministre française dĂ©lĂ©guĂ©e Ă  l’IA et au NumĂ©rique Anne Le HĂ©nanff a affirmĂ© que la France “souten[ait] pleinement cette dĂ©cision 
 qui envoie un message clair Ă  l’ensemble des plateformes”. X n’a pas immĂ©diatement rĂ©pondu Ă  notre demande de commentaires.
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La commissaire europĂ©enne Teresa Ribera accuse les Etats-Unis de “chantage” dans les nĂ©gociations commerciales
BRUXELLES — La commissaire europĂ©enne chargĂ©e de la Concurrence, Teresa Ribera, n’a pas mĂąchĂ© ses mots contre l’administration Trump, l’accusant d’utiliser le “chantage” pour contraindre l’UE Ă  assouplir sa rĂ©glementation du numĂ©rique. Le secrĂ©taire amĂ©ricain au Commerce, Howard Lutnick, a suggĂ©rĂ© lundi Ă  Bruxelles que les Etats-Unis pourraient modifier leur approche en matiĂšre de droits de douane sur l’acier et l’aluminium si l’UE revoyait ses rĂšgles en matiĂšre de numĂ©rique. Les responsables europĂ©ens ont interprĂ©tĂ© ses remarques comme visant les rĂ©glementations phares de l’UE, notamment celle sur les marchĂ©s numĂ©riques (DMA). “C’est du chantage”, a considĂ©rĂ© la commissaire espagnole dans un entretien Ă  POLITICO mercredi. “Le fait que ce soit leur intention ne signifie pas que nous acceptons ce genre de chantage.” Teresa Ribera — qui, en tant que premiĂšre vice-prĂ©sidente exĂ©cutive de la Commission, est la numĂ©ro 2 de l’exĂ©cutif europĂ©en derriĂšre la prĂ©sidente Ursula von der Leyen — a soulignĂ© que la rĂ©glementation europĂ©enne du numĂ©rique ne devrait pas avoir de lien avec les nĂ©gociations commerciales. L’équipe de Donald Trump cherche Ă  rĂ©viser l’accord conclu par le prĂ©sident amĂ©ricain avec Ursula von der Leyen dans son golf Ă©cossais en juillet. Ces dĂ©clarations interviennent Ă  un moment sensible des nĂ©gociations commerciales en cours. Washington considĂšre le DMA comme discriminatoire, parce que les grandes plateformes technologiques qu’il rĂ©glemente — comme Microsoft, Google ou Amazon — sont presque toutes amĂ©ricaines. Il s’insurge Ă©galement contre le rĂšglement sur les services numĂ©riques (DSA), qui vise Ă  limiter les discours haineux illĂ©gaux et la dĂ©sinformation en ligne, car il est conçu pour encadrer les rĂ©seaux sociaux comme X d’Elon Musk. Teresa Ribera a rappelĂ© que ces rĂšgles Ă©taient une question de souverainetĂ©, et qu’elles ne devraient pas entrer dans le champ d’une nĂ©gociation commerciale. “Nous respectons les rĂšgles, quelles qu’elles soient, qu’ils ont Ă©tablies pour leurs marchĂ©s : le marchĂ© numĂ©rique, le secteur de la santĂ©, l’acier, tout ce que vous voulez [
] les voitures, les normes”, a-t-elle posĂ© en parlant des Etats-Unis. “C’est leur problĂšme, leur rĂ©glementation et leur souverainetĂ©. Il en va de mĂȘme ici.” Teresa Ribera, avec la commissaire aux Technologies numĂ©riques Henna Virkkunen, supervise le DMA, qui veille au bon comportement des grandes plateformes numĂ©riques et Ă  une concurrence Ă©quitable. Elle a vivement rĂ©agi aux propos tenus par Howard Lutnick lors de sa rencontre avec des responsables et des ministres europĂ©ens lundi, martelant que “les rĂšgles europĂ©ennes en matiĂšre de numĂ©rique ne sont pas Ă  nĂ©gocier”. Henna Virkkunen tenait la mĂȘme ligne mardi. Lundi, elle a prĂ©sentĂ© Ă  ses homologues amĂ©ricains le paquet de mesures de simplification de l’UE, comprenant la proposition d’omnibus numĂ©rique. Ce paquet a Ă©tĂ© prĂ©sentĂ© comme une initiative europĂ©enne visant Ă  rĂ©duire les formalitĂ©s administratives, mais certains l’ont interprĂ©tĂ© comme une tentative de rĂ©pondre aux prĂ©occupations des Big Tech amĂ©ricaines en matiĂšre de rĂ©gulation. Le secrĂ©taire amĂ©ricain au Commerce, Howard Lutnick, a suggĂ©rĂ© lundi Ă  Bruxelles que les Etats-Unis pourraient modifier leur approche en matiĂšre de droits de douane sur l’acier et l’aluminium si l’UE revoyait ses rĂšgles en matiĂšre de numĂ©rique. | Nicolas Tucat/Getty Images InterrogĂ©e sur les raisons qui l’ont poussĂ©e Ă  faire une dĂ©claration aussi forte, Teresa Ribera a rĂ©pondu que les remarques d’Howard Lutnick constituaient “une attaque directe contre le DMA”, avant d’ajouter : “Il est de ma responsabilitĂ© de dĂ©fendre le bon fonctionnement du marchĂ© numĂ©rique en Europe.” DES FISSURES APPARAISSENT MalgrĂ© la rĂ©plique intransigeante de Teresa Ribera, la solidaritĂ© des Etats membres envers le DMA commence doucement Ă  se fissurer. AprĂšs la rĂ©union de lundi, Howard Lutnick a pointĂ© que certains ministres europĂ©ens du Commerce n’étaient pas aussi rĂ©ticents que la Commission Ă  l’idĂ©e de revoir les rĂšgles numĂ©riques de l’UE : “Je vois beaucoup de ministres [
] certains sont plus ouverts d’esprit que d’autres”, a-t-il observĂ© sur Bloomberg TV, affirmant que si l’Europe veut des investissements amĂ©ricains, elle doit changer son modĂšle de rĂ©gulation. Parmi les participants, au moins une EuropĂ©enne semble d’accord. L’Allemande Katherina Reiche, qui s’est exprimĂ©e en marge de la rĂ©union, a dĂ©clarĂ© Ă  la presse qu’elle Ă©tait favorable Ă  un nouvel assouplissement des rĂšgles de l’UE en matiĂšre de numĂ©rique. “L’Allemagne a clairement fait savoir qu’elle voulait avoir la possibilitĂ© de jouer un rĂŽle dans le monde numĂ©rique”, a exposĂ© Katherina Reiche, citant en particulier le DMA et le DSA. Les efforts de lobbying dĂ©ployĂ©s par Washington contre les rĂšgles europĂ©ennes sur le numĂ©rique s’inscrivent dans le cadre d’une bataille plus large menĂ©e par les Etats-Unis au niveau mondial pour affaiblir les lois sur le numĂ©rique dans les pays Ă©trangers. Ce mois-ci, la CorĂ©e du Sud a cĂ©dĂ© au lobbying de l’administration Trump en revenant en arriĂšre sur son propre projet d’encadrement de la concurrence dans le secteur numĂ©rique. Le reprĂ©sentant amĂ©ricain au commerce prĂ©pare son rapport 2026 et lance une nouvelle sĂ©rie de consultations dans les semaines Ă  venir. Entre-temps, la Commission poursuit son Ă©valuation des rĂšgles dans le cadre de son Digital Fairness Fitness Check et de la rĂ©vision en cours du DMA. Mais entre le lobbying de Washington et les Etats membres qui se dĂ©solidarisent, la question n’est pas seulement de savoir ce Ă  quoi va aboutir la rĂ©vision du DMA, mais s’il peut survivre Ă  la guerre commerciale. Cet article a d’abord Ă©tĂ© publiĂ© par POLITICO en anglais, puis a Ă©tĂ© Ă©ditĂ© en français par Jean-Christophe Catalon.
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Le parquet de Paris ouvre une enquĂȘte sur la plateforme de streaming Kick
PARIS — Le parquet de Paris a annoncĂ© ce mardi l’ouverture d’une enquĂȘte prĂ©liminaire concernant le site de streaming Kick pour “fourniture en bande organisĂ©e de plateforme en ligne illicite”.  Une semaine aprĂšs le dĂ©cĂšs du streameur Jean Pormanove en plein direct, le parquet cherche Ă  savoir si le site australien “fournissait, en connaissance de cause, des services illicites, notamment par la diffusion de vidĂ©os d’atteintes volontaires Ă  l’intĂ©gritĂ© de la personne”.  L’enquĂȘte, confiĂ©e Ă  l’office anti-cybercriminalitĂ© (OFAC), devra Ă©galement dĂ©terminer si Kick respectait ses obligations au titre du rĂšglement europĂ©en sur les services numĂ©riques (DSA). Et notamment l’obligation “de signaler aux autoritĂ©s les risques d’atteintes Ă  la vie ou Ă  la sĂ©curitĂ© des personnes”.  Sur sa chaĂźne, la plus suivie en France, Jean Pormanove, de son vrai nom RaphaĂ«l Graven, subissait des actes de violences physiques et verbales de la part de ses partenaires de stream depuis plus d’un an.  Cette enquĂȘte est ouverte “en concertation avec le parquet de Nice”, le parquet de Paris ayant une compĂ©tence nationale sur les sujets cyber.   Le parquet de Nice a dĂ©jĂ  ouvert deux enquĂȘtes : l’une en dĂ©cembre Ă  la suite des rĂ©vĂ©lations de Mediapart, l’autre au lendemain de la mort de RaphaĂ«l Graven. Elles se poursuivent. Pour l’heure, aucun lien direct n’a Ă©tĂ© identifiĂ© entre sa mort et les violences qu’il a subies. 
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Les 42 personnes qui comptent dans la tech
Elus, lobbyistes, membres du gouvernement ou hauts fonctionnaires
 Tous construisent, inspirent, voire inflĂ©chissent, au quotidien les politiques du numĂ©rique. POLITICO a listĂ© la crĂšme de la crĂšme : voici les 42 personnes les plus influentes du moment, sur les sujets liĂ©s Ă  la rĂ©gulation de la tech et au dĂ©veloppement du numĂ©rique en France. 1. XAVIER NIEL Fondateur d’Iliad AprĂšs des annĂ©es de labeur, Xavier Niel a dĂ©cidĂ© de s’amuser et il le fait savoir. Son livre, “Une sacrĂ©e envie de foutre le bordel” affiche clairement la couleur — Orange comme la couverture, rĂ©fĂ©rence Ă  l’opĂ©rateur historique bousculĂ© par l’iconoclaste homme d’affaires. Il se paye aussi le culot de monter sur scĂšne, Ă  L’Olympia, devant un parterre de fans conquis, pour raconter son parcours et ses choix entrepreneuriaux, aussi agressifs que visionnaires. Rappelez-vous, le milliardaire, autodidacte, a fait ses premiers pas dans le minitel rose, avant d’exploser dans les tĂ©lĂ©coms en proposant la premiĂšre offre « triple play » française, puis un forfait mobile illimitĂ© qui pousse la concurrence Ă  casser les prix. Depuis, Niel met des billes un peu partout : dans la french tech (Deezer, Sorare, Alan
 ou encore l’incubateur Station F), les mĂ©dias (le groupe Le Monde, la sociĂ©tĂ© de production Mediawan), la formation (Ă©cole 42). Pour l’heure, seule la tĂ©lĂ©vision lui rĂ©siste encore. En 2023, il Ă©choue Ă  obtenir une frĂ©quence TNT face Ă  TF1 et M6, toutes deux candidates Ă  leur renouvellement. Gageons qu’il n’a pas dit son dernier mot. 2. HENNA VIRKKUNEN Vice-prĂ©sidente exĂ©cutive de la Commission europĂ©enne, chargĂ©e de la souverainetĂ© numĂ©rique, de la sĂ©curitĂ© et de la dĂ©mocratie Notre classement ne pouvait pas faire l’impasse sur celle qui a remplacĂ© Thierry Breton dans le cƓur des acteurs de la Tech. Si sa lettre de mission cite, en premier lieu, le soutien aux “technologies de pointe” et Ă  l’intelligence artificielle, la nouvelle commissaire au numĂ©rique sera aussi chargĂ©e du cloud, des semi-conducteurs, des rĂ©seaux, de la cybersĂ©curitĂ©, du e-commerce, ou encore des droits d’auteur. Elle devra Ă©galement veiller Ă  la bonne mise en Ɠuvre des rĂšglements sur les services numĂ©riques et sur les marchĂ©s numĂ©riques. Henna Virkkunen aura autoritĂ© sur la direction gĂ©nĂ©rale des rĂ©seaux de communication, du contenu et des technologies (DG CNECT). Un portefeuille lĂ©gĂšrement diffĂ©rent de celui de son prĂ©dĂ©cesseur, qui avait hĂ©ritĂ© du MarchĂ© intĂ©rieur et des services (DG GROW). 3. CLARA CHAPPAZ SecrĂ©taire d’Etat chargĂ©e de l’intelligence artificielle et du NumĂ©rique Startuppeuse, directrice de la mission French Tech de 2021 Ă  2024
 Sur le papier, la secrĂ©taire d’Etat au numĂ©rique du gouvernement Barnier Ă  tout pour plaire Ă  l’écosystĂšme de l’innovation. Son portefeuille, logĂ© Ă  la recherche et plus Ă  Bercy, est pourtant une petite rĂ©volution. Une dĂ©cision qui laisse songeur. Pour certains, c’est le signe que le gouvernement penche dĂ©sormais pour une approche moins sociĂ©tale et Ă©conomique, davantage centrĂ©e sur la recherche fondamentale. Pour d’autres, c’est un choix peu lisible, qui pourrait bien amoindrir le poids du secrĂ©tariat d’Etat en interministĂ©riel. Son agenda politique est tout tracĂ© : Ă  charge pour elle de mener Ă  bien le sommet sur l’intelligence artificielle, que la France accueillera les 10 et 11 fĂ©vrier 2025. L’évĂ©nement, pilotĂ© par l’ElysĂ©e, rĂ©unira chefs d’État et de gouvernements, dirigeants d’entreprises, chercheurs, ONG, artistes et membres de la sociĂ©tĂ© civile. 4. BENOÎT LOUTREL Membre du collĂšge de l’Arcom Polytechnicien, il est le “Monsieur Plateformes” de l’Arcom. Et pour cause : il maĂźtrise aussi bien les contenus que les tuyaux. BenoĂźt Loutrel a Ă©tĂ© successivement directeur de la rĂ©gulation des marchĂ©s fixes et mobiles, directeur gĂ©nĂ©ral adjoint et directeur gĂ©nĂ©ral de l’Arcep. AprĂšs une brĂšve incursion aux affaires publiques de Google, il s’est lancĂ©, en mars 2019, dans une mission sur la rĂ©gulation des rĂ©seaux sociaux, confiĂ©e par l’ElysĂ©e. L’objectif : entrouvrir le capot de Facebook, dont la politique de modĂ©ration Ă©tait alors sous le feu des critiques. En 2021, BenoĂźt Loutrel rejoint le collĂšge de l’Arcom, oĂč il prĂ©side le groupe de travail sur les plateformes numĂ©riques. Son franc-parler y fait des Ă©tincelles : il n’hĂ©site pas Ă  interpeller les plateformes, dont il critique le manque de transparence. 5. ANNE BOUVEROT EnvoyĂ©e spĂ©ciale d’Emmanuel Macron pour l’AI action summit Dans la foulĂ©e d’une premiĂšre Ă©dition britannique du sommet de l’intelligence artificielle (IA) centrĂ©e sur ses dangers, Anne Bouverot doit organiser la prochaine Ă©dition, prĂ©vue en France en fĂ©vrier 2025. Son objectif : porter une vision française de l’IA, Ă  savoir une approche centrĂ©e sur les bĂ©nĂ©fices de l’innovation, tout en encourageant une “gouvernance mondiale”.  AprĂšs 18 ans chez Orange, Anne Bouverot est dĂ©sormais prĂ©sidente du conseil d’administration de l’Ecole normale supĂ©rieure (ENS) et s’est spĂ©cialisĂ©e sur les impacts sociĂ©taux de l’IA. Elle est devenue, depuis un an, l’un des rouages de la politique française en matiĂšre d’intelligence artificielle, en Ă©tant l’une des principales plumes du rapport — ambitieux et dispendieux — qui devait guider l’action du gouvernement en la matiĂšre. 6. ARTHUR MENSCH Fondateur de Mistral AI Alors que sa start-up a atteint une valorisation de 5,8 milliards d’euros en Ă  peine un an, Arthur Mensch porte sur ses Ă©paules les espoirs français dans le domaine de l’intelligence artificielle (IA) gĂ©nĂ©rative. Il est Ă  ce titre devenu une voix trĂšs Ă©coutĂ©e des dĂ©cideurs politiques. PassĂ© par l’Ecole Polytechnique, l’Ecole normale supĂ©rieure et Google Deepmind, Arthur Mensch se veut dĂ©sormais avocat de l’écosystĂšme français de l’IA – notamment face aux rĂ©glementations jugĂ©es trop strictes, rĂšglement europĂ©en sur l’IA en tĂȘte.  Arthur Mensch peut appuyer ses arguments sur la solide trajectoire de sa start-up. Depuis son lancement, Mistral AI a dĂ©voilĂ© de nouveaux modĂšles Ă  un niveau soutenu et recrutĂ©, en France et aux Etats-Unis, une soixantaine de personnes. Arthur Mensch l’assure cependant : malgrĂ© son Ă©tirement d’un cĂŽtĂ© Ă  l’autre de l’Atlantique, la start-up restera française.  7. RACHIDA DATI Ministre de la Culture Ministre plus politique que technique, Rachida Dati a rapidement pris position sur l’intelligence artificielle Ă  son arrivĂ©e rue de Valois, en janvier 2024. “Il n’y a pas de raison que [le droit d’auteur] ne soit pas rĂ©munĂ©rĂ©, simplement parce que c’est noyĂ© par l’intelligence artificielle”, dĂ©clarait-elle en mars, lors d’une audition Ă  l’AssemblĂ©e nationale. Fervente dĂ©fenseure des crĂ©ateurs — qui le lui rendent bien et ont massivement saluĂ© sa reconduction Ă  la Culture au sein du gouvernement Barnier —, elle n’a pas hĂ©sitĂ© Ă  monter au crĂ©neau pour ajouter un volet culturel au menu du sommet sur l’intelligence artificielle. Parmi ses prioritĂ©s, la ministre a aussi placĂ© trĂšs haut la mise en Ɠuvre des propositions issus des Ă©tats gĂ©nĂ©raux de l’information (EGI), qu’elle espĂšre traduire en projet de loi courant 2025.  8. BENOÎT COEURÉ PrĂ©sident de l’AutoritĂ© de la concurrence Peu connu du grand public lorsqu’il est propulsĂ© Ă  la tĂȘte du rĂ©gulateur, BenoĂźt CoeurĂ© est un Ă©conomiste passĂ© par la Banque centrale europĂ©enne (BCE) et la direction du TrĂ©sor. Celui qui a succĂ©dĂ© Ă  Isabelle de Silva a fait du numĂ©rique (et de l’environnement) sa prioritĂ©. Au cours des derniers mois, l’autoritĂ© s’est notamment positionnĂ©e sur le secteur du cloud et sur l’intelligence artificielle gĂ©nĂ©rative. 9. JOHANNA BROUSSE Cheffe de la section J3 du parquet de Paris Elle est l’un des visages de la lutte contre la cybercriminalitĂ©, et des deux coups de filet qui ont secouĂ© le secteur au cours de l’annĂ©e 2024. Johanna Brousse est cheffe de la section J3 du parquet de Paris, qui a Ă©tĂ© Ă  la manƓuvre lors du blocage du site coco.gg, connu pour hĂ©berger des activitĂ©s illĂ©gales. Plus retentissant : cette section est aussi Ă  l’origine de l’arrestation du patron de Telegram, Pavel Durov, Ă  la fin de l’étĂ©.  A la tĂȘte de la section cybercriminalitĂ© depuis 2021, la tenace magistrate de 40 ans Ă  peine est ainsi au cƓur d’un nouveau chapitre de la rĂ©gulation du web : certains patrons de plateformes sont dĂ©sormais mis face Ă  leur responsabilitĂ© judiciaire. 10. CHANTAL RUBIN Cheffe du pĂŽle RĂ©gulation des plateformes numĂ©riques Ă  la direction gĂ©nĂ©rale des entreprises (DGE) C’est la papesse de la rĂ©gulation des plateformes. PassĂ©e par le rĂ©gulateur de l’énergie, Chantal Rubin a rejoint la direction gĂ©nĂ©rale des entreprises il y a 20 ans, oĂč elle a fait de la tech sa spĂ©cialitĂ©. DĂ©sormais cheffe du pĂŽle “RĂ©gulation des Plateformes numĂ©riques”, cette grande serviteure de l’Etat est autant incontournable pour le secteur qu’inconnue du public. Elle Ă©tait ainsi en premiĂšre ligne, au cĂŽtĂ© de son homologue de la Culture Laure Durand-Viel (passĂ©e depuis au secrĂ©tariat gĂ©nĂ©ral du gouvernement), pour dĂ©finir la position de la France lors des nĂ©gociations sur les rĂšglements sur les marchĂ©s et les services numĂ©riques (connus sous le petit nom de DSA et DMA).  11. PIERRE-ÉDOUARD STÉRIN Fondateur de Smartbox et d’Otium Capital Pierre-Edouard StĂ©rin ne cache plus, ces derniers mois, ses ambitions politiques. Avec l’appui d’Otium Capital, fond d’investissement qui abonde la French Tech depuis des annĂ©es, et du Fonds du Bien Commun, son organisation philanthropique, Pierre-Edouard StĂ©rin a mis sur pied le “projet PĂ©riclĂšs” censĂ© permettre l’accĂšs au pouvoir d’une droite conservatrice, en misant notamment sur le Rassemblement national (RN). S’il a Ă©chouĂ© Ă  racheter l’hebdomadaire Marianne aprĂšs avoir essuyĂ© les tirs de barrage de la rĂ©daction, le milliardaire catholique qui rĂ©side en Belgique n’abandonne pas pour autant ses ambitions dans les mĂ©dias. Il cherche plus largement des leviers pour peser sur l’opinion publique pour mener sa “bataille culturelle”.  12. VINCENT STRUBEL Directeur gĂ©nĂ©ral de l’Agence nationale de la sĂ©curitĂ© des systĂšmes d’information C’est un pur produit de l’Anssi que Vincent Strubel. IngĂ©nieur X-TĂ©lĂ©coms, membre du corps des Mines, il a fait de la sĂ©curitĂ© des systĂšmes d’information sa spĂ©cialitĂ©. Il rejoint l’agence en 2009 comme chef du laboratoire architectures matĂ©rielles et logicielles. Il occupe ensuite les postes de responsable des expertises, puis OpĂ©rateur des systĂšmes d’information interministĂ©riels classifiĂ©s, avant d’ĂȘtre nommĂ© directeur gĂ©nĂ©ral, en 2023. 13. ARTHUR DELAPORTE ET STÉPHANE VOJETTA DĂ©putĂ© PS du Calvados et dĂ©putĂ© EPR des Français Ă©tablis hors de France Adversaires en politique, ces deux Ă©lus ont trouvĂ© un terrain d’entente : rĂ©guler le secteur de l’influence. Arthur Delaporte (PS) et StĂ©phane Vojetta (EPR) ont portĂ© ensemble la loi qui encadre les activitĂ©s des crĂ©ateurs de contenus. Une collaboration semble-t-il concluante, puisque les deux dĂ©putĂ©s entendent remettre le couvert. Ils prĂ©voient en effet dĂ©poser une nouvelle proposition de loi d’ici la fin de l’annĂ©e, qui s’attaquera aux angles morts de la loi sur l’influence, notamment Ă  la question de l’alcool et de sa promotion sur des rĂ©seaux sociaux, prisĂ©s des plus jeunes. 14. PAVEL DUROV Fondateur et dirigeant de Telegram Son arrestation cet Ă©tĂ© Ă  l’aĂ©roport du Bourget a Ă©tĂ© un Ă©vĂ©nement mondial. Depuis, celui qui ne venait en France qu’occasionnellement a dĂ» prendre ses habitudes Ă  Paris, oĂč il doit pointer au commissariat deux fois par semaine.  DĂ©fenseur autoproclamĂ© de la libertĂ© d’expression, Pavel Durov a connu une trajectoire sinueuse. AprĂšs avoir lancĂ© le “Facebook russe” Vkontakte dans son pays natal, Pavel Durov a créé Telegram, plateforme de messagerie Ă  la modĂ©ration quasi-absente. C’est elle et les contenus illĂ©gaux qui y pullulent qui lui valent dĂ©sormais d’ĂȘtre poursuivi par la justice française.  Cela n’empĂȘche pas Paul du Rove — le nom qu’il a choisi au moment d’acquĂ©rir la nationalitĂ© française en 2021, avec la bĂ©nĂ©diction d’Emmanuel Macron — de continuer Ă  contrĂŽler Telegram depuis Paris. Il cultive parallĂšlement ses rĂ©seaux d’affaires en France, dans l’attente de nouveaux rebondissements judiciaires.   15. FLORENCE PHILBERT Directrice gĂ©nĂ©rale des mĂ©dias et des industries culturelles (DGMIC) Ancienne prĂ©sidente d’un financeur du cinĂ©ma, cette conseillĂšre-maĂźtre Ă  la Cour des comptes a Ă©tĂ© nommĂ©e au ministĂšre de la Culture en janvier 2020. Son pĂ©rimĂštre touche de prĂšs Ă  la rĂ©gulation du numĂ©rique : sa direction s’est en effet dotĂ©e, fin 2020, en pleines nĂ©gociations des rĂšglements sur les services et les marchĂ©s numĂ©riques, d’une “dĂ©lĂ©gation Ă  la rĂ©gulation des plateformes”. Sa mission : assurer une veille technologique et analyser l’évolution des modĂšles Ă©conomiques des plateformes. Une expertise prĂ©cieuse lorsqu’il faudra mettre en musique les Ă©tats gĂ©nĂ©raux de l’information, qui prĂ©voient un volet sur la publicitĂ© en ligne. 16. YANN LE CUN Chef de la recherche en IA chez Meta Pionnier de l’intelligence artificielle, ce chercheur français dirige la recherche en IA de Meta, qu’il a rejoint dĂšs 2013 pour ouvrir le premier laboratoire du groupe Ă  New York. LaurĂ©at du prix Turing 2018, considĂ©rĂ© comme le Nobel de l’informatique, il est aujourd’hui Ă©rigĂ© en star de l’IA et dĂ©place les foules Ă  chacune de ses confĂ©rences. Chez Meta, Yann Le Cun bĂ©nĂ©ficie d’une grande libertĂ© de parole et d’action. En juin dernier, sur X, il n’a pas hĂ©sitĂ© Ă  interpeller Elon Musk pour dĂ©noncer “la façon dont il traite ses scientifiques”, qui publient trop rarement leurs avancĂ©es en leur nom. En 2018, le chercheur a quittĂ© son poste opĂ©rationnel pour se (re)concentrer sur la recherche. 17. BENOIT TABAKA Directeur des affaires publiques de Google France Il est connu comme le loup blanc dans le petit monde du numĂ©rique. Rien d’étonnant : du Forum des droits sur l’internet au secrĂ©tariat gĂ©nĂ©ral du Conseil national du numĂ©rique, en passant par les affaires publiques du groupe PriceMinister, Benoit Tabaka a enfilĂ© bon nombre de casquettes au cours de sa carriĂšre. A la tĂȘte des affaires publiques de Google France depuis 2018, il a su tisser une relation apaisĂ©e avec les pouvoirs publics (ministres, parlementaires, mais aussi collectivitĂ©s locales), privilĂ©giant le dialogue permanent Ă  l’opposition de principe. 18. CORINE DE BILBAO PrĂ©sidente de Microsoft France AprĂšs 28 ans au sein du groupe General Electric, dont trois Ă  la prĂ©sidence de GE France, elle a pris les rĂȘnes de la filiale française du gĂ©ant de l’informatique en juillet 2021. Une arrivĂ©e qui a pu surprendre dans les rangs de la tech. « J’aime sortir de ma zone de confort », rĂ©sume-t-elle dans une interview au Monde. A la tĂȘte de Microsoft, elle doit mener Ă  bien la construction, en France, de data centers dĂ©diĂ©s Ă  l’intelligence artificielle. Un investissement de 4 milliards d’euros, annoncĂ© en mai dernier Ă  l’occasion du sommet Choose France. Un choix qui n’a rien d’anodin et permet Ă  l’entreprise amĂ©ricaine de donner des gages Ă  la France en matiĂšre de sĂ©curitĂ© et de souverainetĂ© de la donnĂ©e. 19. HENRI VERDIER Ambassadeur pour le NumĂ©rique NommĂ© en octobre 2018, Henri Verdier apparaĂźt comme un Ă©lectron libre au sein du trĂšs feutrĂ© Quai d’Orsay. Il faut dire que son parcours dĂ©tonne parmi les diplomates : chantre de l’open data et de la transformation numĂ©rique de l’Etat, il fut directeur d’Etalab, puis a pris la tĂȘte de la direction du numĂ©rique de l’État.  Depuis six ans, l’ambassadeur s’est surtout dĂ©marquĂ© en accompagnant les obsessions du prĂ©sident Macron : appel de Christchurch pour lutter contre la diffusion de contenus terroristes, Lab de protection de l’enfance
 Des initiatives qui ont marquĂ© les esprits, mais peinent Ă  exister dans la durĂ©e. Le sommet parisien sur l’IA sera une nouvelle occasion de prouver la pertinence d’une diplomatie du numĂ©rique Ă  la française. 20. DANIEL KƘETÍNSKÝ PDG de Czech Media Invest A la tĂȘte d’un empire de prĂšs de 10 milliards d’euros, l’homme d’affaires tchĂšque a fait fortune dans l’énergie, en prenant le contrĂŽle, aux cĂŽtĂ©s de la Slovaquie, du gazoduc Eustream. Depuis, il n’a cessĂ© de s’étendre, rachetant successivement Metro en Allemagne, Casino et Fnac-Darty en France, Foot Locker aux Etats-Unis, Sainsbury en Angleterre. En France, il s’est aussi imposĂ© dans le monde des mĂ©dias et l’édition, investissant dans TF1 et M6, le magazine Elle et Editis, numĂ©ro deux français de l’édition. Sa derniĂšre obsession : s’emparer d’Atos. Des vues qui ont dĂ©clenchĂ© l’ire d’une partie de la classe politique française. 21. PAUL MIDY DĂ©putĂ© de l’Essonne depuis 2022 Paul Midy se veut la voix des startups Ă  l’AssemblĂ©e. L’annĂ©e derniĂšre, l’énergique quarantenaire avait pris son bĂąton de pĂšlerin pour aller recueillir leurs dolĂ©ances dans le cadre d’une mission parlementaire sur le soutien Ă  l’investissement dans les start-up et les PME innovantes. Il va dĂ©sormais devoir dĂ©fendre leurs acquis dans une pĂ©riode de disette budgĂ©taire.  Ancien rapporteur spĂ©cial du projet de loi visant Ă  sĂ©curiser et rĂ©guler l’espace numĂ©rique (SREN), Paul Midy est Ă©galement partisan de la maniĂšre forte pour s’attaquer aux dĂ©lits en ligne. AprĂšs avoir agitĂ© le secteur en proposant une levĂ©e de l’anonymat en ligne — une notion contestĂ©e — il a poussĂ© l’an dernier en faveur d’un systĂšme d’identitĂ© numĂ©rique. Un sujet qui pourrait revenir Ă  l’agenda, alors que l’enjeu de la protection des mineurs en ligne s’impose dans les dĂ©bats au niveau français et europĂ©en. 22. MARIE-LAURE DENIS PrĂ©sidente de la Cnil ConseillĂšre d’Etat, Marie-Laure Denis est prĂ©sidente de la Commission nationale de l’informatique et des libertĂ©s depuis fĂ©vrier 2019. Cette haute fonctionnaire a consacrĂ© 20 ans de carriĂšre Ă  la rĂ©gulation au sein d’autoritĂ©s administratives indĂ©pendantes : le Conseil supĂ©rieur de l’audiovisuel (devenu l’Arcom) jusqu’en 2011, le rĂ©gulateurs des tĂ©lĂ©coms (l’Arcep) jusqu’en 2017, et la Commission de rĂ©gulation de l’énergie de 2017 Ă  2019. RenouvelĂ©e en novembre 2023, elle a placĂ© parmi ses prioritĂ©s la protection de l’enfance en ligne et l’éducation au numĂ©rique, la rĂ©gulation de l’intelligence artificielle, ou encore la prĂ©vention des risques cyber. 23. PASCAL ROGARD Directeur gĂ©nĂ©ral de la SociĂ©tĂ© des auteurs et compositeurs dramatiques Cet inlassable dĂ©fenseur de “l’exception culturelle” est connu pour ses passes d’armes avec les plateformes, et notamment TikTok qu’il menace rĂ©guliĂšrement d’un procĂšs pour non-versement des droits d’auteur. Juriste de formation et lobbyiste influent Ă  Paris comme Ă  Bruxelles, oĂč il a menĂ© le combat pour l’adoption de la directive Copyright, Pascal Rogard a fait toute sa carriĂšre au service de la culture, d’abord auprĂšs des producteurs et rĂ©alisateurs de cinĂ©ma, puis des auteurs. Loin de s’opposer de maniĂšre systĂ©matique aux Gafam — pourvu qu’ils paient leur dĂźme —, il dĂ©fend une rĂ©forme de la chronologie des mĂ©dias au service du public et de l’intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral, quitte Ă  braquer au sein de son propre camp. 24. JUSTINE ATLAN Directrice gĂ©nĂ©rale d’e-Enfance Elle est incontournable sur la protection des mineurs en ligne. La directrice gĂ©nĂ©rale d’e-Enfance, association qui accompagne les victimes de cyberharcĂšlement, Justine Atlan a l’oreille des gouvernements, de Luc Chatel, ministre de l’Education nationale de 2009 Ă  2012, Ă  Charlotte Caubel, secrĂ©taire d’état Ă  la protection de l’enfance de 2022 Ă  2024. Sa cause a sĂ©duit jusqu’à Brigitte Macron, qui l’a reçue pour parler des ravages des Ă©crans sur les jeunes enfants. Ces derniĂšres annĂ©es, les nombreuses lĂ©gislations sur la protection des mineurs lui ont donnĂ© une opportunitĂ© en or pour porter son message. Pour elle, un systĂšme de vĂ©rification de l’ñge des internautes est indispensable, tout comme la mise en place d’un accord parental pour l’inscription des moins de 15 ans sur les rĂ©seaux sociaux. 25. BRIGITTE MACRON PremiĂšre dame L’épouse d’Emmanuel Macron est une influence discrĂšte mais persistante sur les sujets de protection de l’enfance en ligne. Elle est sur les talons des ministres chargĂ©s de l’Enfance et du NumĂ©rique, parfois mĂȘme dans les rĂ©unions. Les grandes plateformes l’ont bien compris. Meta, Google, TikTok
 toutes ont Ă©tĂ© nombreuses Ă  solliciter un rendez-vous Ă©lysĂ©en avec Brigitte Macron dans l’espoir de convaincre la premiĂšre dame de leur engagement, contre le harcĂšlement en ligne notamment. Si elle n’a pas de rĂŽle officiel, Brigitte Macron reçoit chaque annĂ©e des centaines de courriers, de parents notamment, faisant Ă©tat de situations de harcĂšlement en ligne. “Elle est marquĂ©e par les rumeurs diffusĂ©es sur les rĂ©seau sociaux qui l’ont touchĂ©e personnellement et qui ont touchĂ© son couple”, note un ancien collaborateur du Palais. 26. ALEXANDRA BENSAMOUN Professeure de droit, spĂ©cialiste en droit de la propriĂ©tĂ© intellectuelle Membre du conseil supĂ©rieur de la propriĂ©tĂ© intellectuelle, Alexandra Bensamoun est une spĂ©cialiste du droit d’auteur
 Elle Ă©tait surtout la seule reprĂ©sentante de la culture au sein du comitĂ© interministĂ©riel chargĂ© par Elisabeth Borne de plancher sur la stratĂ©gie nationale pour l’intelligence artificielle. Qu’à cela ne tienne : sa force de persuasion lui a permis d’introduire une recommandation sur le droit d’auteur dans les conclusions du comitĂ©. Plus rĂ©cemment, elle a Ă©tĂ© mandatĂ©e par le ministĂšre de la Culture pour mener deux missions sur le sujet : l’une sur les obligations de transparence incombant aux plateformes, l’autre sur la rĂ©munĂ©ration des ayants droit. Des rapports trĂšs attendus par le secteur de la tech, qui craint que ses recommandations ne soient un frein Ă  l’innovation. 27. DENIS MASSÉGLIA DĂ©putĂ© EPR du Maine-et-Loire Le dĂ©putĂ© Ensemble pour la RĂ©publique (EPR) Denis MassĂ©glia se prĂ©sente comme un passionnĂ© de jeu vidĂ©o. Il est mĂȘme actif sur Twitch pour y diffuser ses parties en direct ou y parler politique. L’élu a aussi prĂ©sidĂ©, depuis 2017, le tout premier groupe de travail de l’AssemblĂ©e dĂ©diĂ© Ă  cette industrie. Il a Ă©tĂ© rapporteur d’une partie de la loi sur l’espace numĂ©rique, s’occupant notamment des Jonum, ces jeux Web3 ayant des caractĂ©ristiques d’un jeu d’argent. Il est dĂ©sormais rapporteur spĂ©cial de la mission MĂ©dias livre et industries culturelles du projet de loi de finances pour 2025. Sans surprise, il est un fervent dĂ©fenseur du crĂ©dit d’impĂŽt jeu vidĂ©o.  28. INOXTAG Influenceur VidĂ©aste franco-algĂ©rien de 22 ans, InĂšs Benazzouz ne compte pas moins de 8,9 millions d’abonnĂ©s sur YouTube et 7 millions sur son compte Instagram. A la rentrĂ©e, le youtubeur a fait vendre plus de 200 000 places pour dĂ©couvrir en salle de cinĂ©ma son documentaire “Kaizen”, qui relate son annĂ©e de prĂ©paration pour gravir l’Everest. Il a créé la polĂ©mique dans le milieu trĂšs conservateur du cinĂ©ma en explosant les seuils prĂ©vus pour dĂ©roger Ă  la chronologie des mĂ©dias — et ainsi diffuser une Ɠuvre en salle et sur YouTube le lendemain. Le Centre national du cinĂ©ma (CNC) a signalĂ© l’infraction au procureur de la RĂ©publique. Cela fait risquer au producteur et exploitant de salles MK2, qui a organisĂ© les diffusions, jusqu’à 45 000 euros d’amende.  30. ANNE LE HÉNANFF DĂ©putĂ©e Horizons du Morbihan La dĂ©putĂ©e Horizons Anne Le HĂ©nanff piaffe dans l’attente du projet de loi “rĂ©silience” qui doit ramener dans l’actualitĂ© l’un de ses dadas, la cybersĂ©curitĂ©. L’élue du Morbihan est toute dĂ©signĂ©e pour rapporter ce texte, qui adaptera le droit français Ă  la directive europĂ©enne NIS2 — la discussion s’annonce technique, mais trĂšs suivie par le petit milieu cyber.  Membre de la commission de la dĂ©fense, Anne Le HĂ©nanff est Ă©galement attentive au secteur du cloud. Elle s’était dĂ©jĂ  penchĂ©e sur ce sujet abrasif lors de l’examen du projet de loi visant Ă  sĂ©curiser et rĂ©guler l’espace numĂ©rique (SREN) et gardera un Ɠil sur ce dossier. 29. ROXANNE VARZA Directrice de Station F Peu de personnes peuvent se vanter de connaĂźtre les visages de l’écosystĂšme des startups français comme Roxanne Varza. NĂ©e Ă  Palo Alto, naturalisĂ©e française, Roxanne Varza est Ă  la tĂȘte de l’incubateur de Station F depuis 2015. Elle avait Ă©tĂ© repĂ©rĂ©e par le milliardaire Xavier Niel, fondateur de Station F, alors qu’elle feuilletonnait l’actualitĂ© des jeunes pousses françaises pour le mĂ©dia TechCrunch.  En parallĂšle de ses missions Ă  la tĂȘte de l’incubateur, Roxanne Varza a rejoint cette annĂ©e l’équipe public-privĂ© chargĂ©e de prĂ©parer le sommet mondial sur l’IA, qui se tiendra en fĂ©vrier prochain en France. Elle coordonne dans ce cadre le volet “Innovation et culture”. 31. DAVID EL SAYEGH Directeur gĂ©nĂ©ral adjoint de la Sacem Avocat de formation, il a menĂ© la charge contre les plateformes lors des nĂ©gociations sur la directive Droit d’auteur en 2018, et, plus rĂ©cemment, sur le rĂšglement europĂ©en sur l’intelligence artificielle. S’il ne s’oppose pas au dĂ©veloppement de cette technologie, David El Sayegh dĂ©fend une intelligence artificielle “rĂ©gulĂ©e, transparente et vertueuse”, qui rĂ©munĂšre correctement les auteurs. Il est Ă©galement prĂ©sident du Gesac, le lobby europĂ©en des sociĂ©tĂ©s d’auteurs et compositeurs de musique, depuis mai 2022. 32. FABRICE LAYER Directeur des relations gouvernementales de Shein Ancien responsable des affaires publiques du groupe de tĂ©lĂ©coms chinois Huawei, Fabrice Layer s’attĂšle, depuis un an, Ă  un nouveau dĂ©fi : redorer l’image de Shein en France. DĂ©criĂ© pour ses pratiques anti-environnementales et les conditions de travail de ses ouvriers, le site de mode en ligne chinois est Ă  la fois dans le collimateur de la Commission europĂ©enne et des parlementaires français. La proposition de loi sur la fast-fashion, adoptĂ©e mi-mars Ă  l’AssemblĂ©e nationale, doit ĂȘtre examinĂ©e au SĂ©nat prochainement. 33. BRUNO PATINO PrĂ©sident d’Arte et prĂ©sident du comitĂ© de pilotage des Ă©tats gĂ©nĂ©raux de l’information PrĂ©sident d’Arte, professeur associĂ© Ă  Sciences Po, auteur d’une dizaine de livres
 Bruno Patino est un hyperactif. Il a travaillĂ© partout : dans le livre, la presse, la radio, la tĂ©lĂ©vision. Rien d’étonnant qu’il ait acceptĂ©, au dĂ©bottĂ©, de remplacer Bruno Lasserre Ă  la tĂȘte du comitĂ© de pilotage des États gĂ©nĂ©raux de l’information. Alors que les EGI ont restituĂ© leurs travaux le 12 septembre, l’homme de mĂ©dias pointe, dans Le Monde, une “marginalisation de l’information par rapport Ă  quantitĂ© d’autres messages, noyĂ©e par les plates-formes numĂ©riques”. Il appelle l’interprofession Ă  se rassembler pour porter les propositions auprĂšs des pouvoirs publics. 34. PHILIPPE LATOMBE DĂ©putĂ© MoDem de VendĂ©e Membre de la commission des Affaires Ă©conomiques, l’élu a fait de la souverainetĂ© numĂ©rique son cheval de bataille — il est l’auteur d’un rapport parlementaire sur le sujet, publiĂ© en 2021. Du soutien au start-ups au transfert de donnĂ©es vers les Etats-Unis, en passant par le cloud souverain, Philippe Latombe se mobilise sur tous les fronts et appelle rĂ©guliĂšrement Ă  une volontĂ© politique forte Ă  Paris et Ă  Bruxelles pour protĂ©ger entreprises nationales et citoyens. 35. GUILLAUME POUPARD Directeur gĂ©nĂ©ral adjoint de Docaposte Il a passĂ© prĂšs de huit ans Ă  la tĂȘte de l’agence chargĂ©e de protĂ©ger des cyberattaques les entreprises et les infrastructures numĂ©riques de l’Etat. Sous son mandat, l’Anssi est montĂ©e en puissance, gagnant en capacitĂ© d’enquĂȘte Ă  la faveur des lois de programmation militaire, doublant ses effectifs, et rayonnant Ă  l’international. En janvier 2023, Guillaume Poupard a rejoint Docaposte en tant que directeur gĂ©nĂ©ral adjoint. Il y est chargĂ© du cyber et du cloud et demeure trĂšs investi sur la protection des donnĂ©es sensibles. 36. STÉPHANIE YON-COURTIN DĂ©putĂ©e europĂ©enne Renew C’est l’une des eurodĂ©putĂ©es françaises qui s’est le plus investie sur les sujets numĂ©riques sous la Commission von der Leyen I. Elue depuis 2019, StĂ©phanie Yon-Courtin a Ă©tĂ© rapporteure sur le Digital Markets Act (DMA), le texte qui rĂ©glemente les marchĂ©s numĂ©riques, et siĂšge aujourd’hui Ă  la commission MarchĂ© intĂ©rieur du Parlement europĂ©en. Juriste de formation, elle a travaillĂ© par le passĂ© sur le programme MEDIA de la Commission de Bruxelles avant de se spĂ©cialiser en droit de la concurrence. De 2007 Ă  2010, elle Ă©tait conseillĂšre pour les affaires internationales au cabinet du prĂ©sident de l’AutoritĂ© de la concurrence Bruno Lasserre. 37. LAURE DE LA RAUDIÈRE PrĂ©sidente de l’Arcep Pas facile de succĂ©der Ă  l’hyperactif SĂ©bastien Soriano. Laure de la RaudiĂšre a pourtant rĂ©ussi Ă  imprimer sa marque dans le secteur des tĂ©lĂ©coms. Normalienne et ingĂ©nieur tĂ©lĂ©coms, elle a passĂ© onze ans chez France TĂ©lĂ©com, avant de fonder sa sociĂ©tĂ© de conseil. Elue dĂ©putĂ©e d’Eure-et-Loire en 2007, elle s’investit dans les dossiers numĂ©riques et fait pas moins de neuf rapports sur le sujet, de la neutralitĂ© du net Ă  l’économie numĂ©rique, en passant par la couverture du territoire. Sa nomination, dĂ©but 2012, Ă  la tĂȘte de l’Arcep, l’autoritĂ© de rĂ©gulation du secteur, surprend autant qu’elle rassemble. Ce qui a fait pencher la balance ? “Elle est Ă  la fois trĂšs ancrĂ©e dans la politique locale et sait traiter de sujets techniques arides”, expliquait alors aux Echos le ministre de l’Economie Bruno le Maire. Il aurait vivement recommandĂ© la dĂ©putĂ©e Ă  Emmanuel Macron. 38. PATRICK CHAIZE SĂ©nateur LR de l’Ain “On ne peut pas lui reprocher de ne pas connaĂźtre ses sujets”, reconnaĂźt une lobbyiste souvent en dĂ©saccord avec lui. Patrick Chaize, sĂ©nateur de l’Ain, a une obsession : les tĂ©lĂ©coms, qu’il veille Ă  mettre Ă  l’agenda parlementaire aussi frĂ©quemment qu’il le peut.  Fils d’électricien automobile, prĂ©sident de l’Avicca, l’association des collectivitĂ©s locales engagĂ©es dans le numĂ©rique, Patrick Chaize est dur avec les opĂ©rateurs tĂ©lĂ©coms — il souhaite les voir amĂ©liorer la qualitĂ© des raccordements en fibre optique — et avec les plateformes numĂ©riques. Lors des Ă©meutes du printemps 2023, il avait fait la demande Ă©bouriffante que celles-ci suppriment les contenus incitant Ă  la violence dans les deux heures. L’amendement avait Ă©tĂ© Ă©cartĂ© en douceur. Patrick Chaize est un parlementaire que l’on mĂ©nage, tant dans le secteur tĂ©lĂ©coms que du cĂŽtĂ© du gouvernement. 39. AURÉLIEN LOPEZ-LIGUORI DĂ©putĂ© RN de l’HĂ©rault Sous la prĂ©cĂ©dente lĂ©gislature, le dĂ©putĂ© Rassemblement national (RN) AurĂ©lien Lopez-Liguori Ă©tait prĂ©sident du groupe d’études consacrĂ© Ă  la souverainetĂ© numĂ©rique. Il devrait s’accrocher Ă  ce sceptre qui lui a non seulement permis de gagner en Ă©paisseur sur les sujets numĂ©riques, mais aussi de briser des frontiĂšres sur le plan politique.  Via le groupe d’études, AurĂ©lien Lopez-Liguori avait en effet fait porter des amendements avec d’autres formations politiques, rongeant le cordon sanitaire du RN.  Ambitieux, l’élu hĂ©raultais de 31 ans avait Ă©galement caressĂ© l’idĂ©e d’un portefeuille ministĂ©riel aprĂšs l’envolĂ©e temporaire de son parti dans les sondages. Le projet est remisĂ©, mais AurĂ©lien Lopez-Liguori continue de soigner ses relations avec l’écosystĂšme numĂ©rique, qui lui a progressivement entrebĂąillĂ© la porte. 40. CATHERINE MORIN-DESAILLY SĂ©natrice UDI de Seine-Maritime Elle a quittĂ© la prĂ©sidence de la commission Culture du SĂ©nat en 2020, pour se plonger dans les affres du numĂ©rique, s’investissant dans la commission d’enquĂȘte sur l’utilisation du rĂ©seau social TikTok et celle sur les politiques publiques face aux opĂ©rations d’influences Ă©trangĂšres, dont elle Ă©tait vice-prĂ©sidente. Dans les prochains mois, l’élue, qui est Ă©galement membre de la Commission nationale de l’informatique et des libertĂ©s (CNIL), souhaite travailler sur l’hĂ©bergement des donnĂ©es de santĂ©. 41. BÉNÉDICTE DE KERSAUZON DĂ©lĂ©guĂ©e gĂ©nĂ©rale de l’Union des mĂ©tiers de l’influence et des crĂ©ateurs de contenus AprĂšs sept ans chez BNP Paribas, BĂ©nĂ©dicte de Kersauzon s’attaque Ă  un dĂ©fi de taille : faire de l’Umicc, la fĂ©dĂ©ration des acteurs de l’influence, un vĂ©ritable syndicat. A cette fin, elle a rĂ©cemment embauchĂ© le youtubeur Gaspard G. au poste de secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral. La fĂ©dĂ©ration, créée dĂ©but 2023 au moment de l’examen de la loi influenceurs, reste toutefois fragile, plusieurs agences d’influenceurs ayant dĂ©jĂ  mis les voiles, Ă  l’instar de Bump, fondĂ©e par le YouTubeur Squeezie. 42. ERIC BOTHOREL DĂ©putĂ© EPR des CĂŽtes-d’Armor AdoubĂ© par le secteur des tĂ©lĂ©coms, Ă  qui il prĂȘte une oreille attentive, le dĂ©putĂ© breton Ɠuvre pour rĂ©duire la fracture territoriale de la couverture numĂ©rique. Il a menĂ©, en 2024, une mission d’information consacrĂ©e Ă  l’avenir de la couverture mobile, et porte auprĂšs du gouvernement le dĂ©ploiement de la fibre pour tous dĂšs 2025. A l’AssemblĂ©e, Eric Bothorel est membre de la commission des Affaires Ă©conomiques et coprĂ©sident du groupe d’études sur la cybersĂ©curitĂ© et la souverainetĂ© numĂ©rique, et de celui sur l’économie numĂ©rique de la donnĂ©e, de la connaissance et de l’intelligence artificielle. En 2020, le Premier ministre Jean Castex lui avait d’ailleurs confiĂ© une mission relative Ă  la politique publique de la donnĂ©e.
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