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De l’arrestation de Durov à la perquisition chez X, la justice muscle son jeu face aux plateformes
PARIS — Mardi 3 février, des enquêteurs des services français, accompagnés d’Europol, lancent une opération inédite : une perquisition au sein des locaux parisiens de la plateforme X. Un tournant dans cette enquête contre le réseau social ouverte il y a presque un an, après les signalements du député Eric Bothorel (affilié Ensemble pour la République) et d’un responsable public tricolore. Depuis, le dossier est devenu tentaculaire. Aux griefs initiaux d’“administration d’une plateforme en ligne illicite en bande organisée” et de “falsification” du fonctionnement des algorithmes, le parquet de Paris a ajouté des infractions liées aux récentes dérives de l’IA Grok : la diffusion de deepfakes et d’images pédopornographiques. L’étau de la justice se resserre aussi autour du patron de la plateforme, Elon Musk, convoqué à une audition libre le 20 avril. Le milliardaire américain n’a pas tardé à dénoncer une “attaque politique”. Une accusation à laquelle les services diplomatiques français ont riposté en brandissant le principe de séparation des pouvoirs. L’extrême droite tricolore s’est à son tour emparée du sujet : partageant une photo (générée par IA), l’ancien député RN Gilbert Collard a dénoncé un risque pour “la liberté d’expression en France”, en chœur avec l’eurodéputée Marion Maréchal. L’enquête a également surpris des observateurs internationaux, qui ont découvert une France à l’offensive face aux acteurs du numérique. La perquisition a aussi mis en lumière une question centrale : un patron peut-il être poursuivi pour les contenus illégaux diffusés sur sa plateforme ? Pour la section cybercriminalité du parquet de Paris — dite J3 —, la réponse est oui. Celle-ci, qui dépend de la Junalco (la juridiction nationale chargée de la lutte contre la criminalité organisée), a multiplié ces dernières années les enquêtes retentissantes sur des plateformes numériques et leurs dirigeants. Elle a ainsi été à l’origine de l’arrestation de Pavel Durov, fondateur de Telegram, à l’aéroport du Bourget en août 2024, mais aussi de l’ouverture d’une enquête contre TikTok et Coco.gg, le site de messagerie au cœur de l’affaire des viols de Mazan. Créé en 2014 par le procureur de la République François Molins, le service a d’abord eu pour but de gérer “l’explosion de la cybercriminalité”, avant que la vice-procureure Johanna Brousse n’en prenne la tête en 2021. Entourée d’une équipe d’une douzaine de personnes, la magistrate a progressivement diversifié les dossiers traités, passant de simples arnaques en ligne à des attaques cyber d’ampleur et, désormais, aux risques que font peser les grandes plateformes du numérique. “Cela fait plusieurs années que l’on attend des actions concrètes de la part des régulateurs, dont l’action est freinée par des enjeux géopolitiques. Le pouvoir judiciaire, lui, est autonome et peut se permettre d’aller plus vite”, analyse le chercheur David Chavalarias, directeur de l’Institut des systèmes complexes à Paris. Ce dernier avait, en juillet dernier, subi les foudres de X après avoir demandé accès à son algorithme de recommandation. La démarche, permise par le règlement européen sur les services numériques (ou DSA), avait reçu une fin de non-recevoir — que David Chavalarias avait perçue comme un refus de collaborer avec les autorités. UN VIRAGE PLUS OFFENSIF Avec ses enquêtes sur les grandes plateformes du numérique, le parquet cyber amorce un changement de stratégie et s’affiche comme un moyen de riposte de l’Etat.  “La justice française se singularise par son dynamisme, et permet de faire de la régulation ex post [a posteriori, NDLR]. Cela atteint des niveaux impressionnants aujourd’hui”, estime un responsable public au fait de la procédure, qui a requis l’anonymat pour parler librement. “Le parquet a réussi à construire une relation de confiance avec les régulateurs nationaux. Et nous avons besoin de tous les instruments de politique publique pour responsabiliser les plateformes, surtout lorsque nous faisons face à des patrons qui sont plus sensibles au droit pénal qu’aux amendes” en raison de leurs moyens importants, souligne le même. En coulisses, ces coups de filet de la section J3 ont fait souffler un vent de panique au sein des états-majors de certaines grandes entreprises technologiques. “Nous avons échangé avec le parquet cyber pour mieux comprendre leurs démarches”, notamment savoir qui pouvait être mis en cause par les enquêtes, confie le représentant d’un grand réseau social sous couvert d’anonymat. La justice française n’a jusqu’ici ciblé que les plus hauts gradés des plateformes. Dans le cadre de sa procédure contre X, ses salariés français ne seront entendus qu’en qualité de témoins. Car ces procédures ont surtout pour but de déterminer si les têtes pensantes des plateformes numériques ont conscience des contenus illégaux qu’elles diffusent — voire tolèrent. En ce sens, le parquet a établi cette semaine une première liste d’éléments qui étayent ces soupçons. Par exemple, X aurait cessé, en 2025, de payer le service SAFER, chargé de lutter contre les contenus pédopornographiques. “La prolifération d’images pédopornographiques fait craindre que la plateforme X laisse délibérément prospérer [ces contenus] en contribuant à produire les images en question”, considère le parquet, qui met aussi en doute la confidentialité de sa messagerie privée, et le fait que le réseau social ait réellement fait des efforts pour lutter contre les deepfakes illégaux générés par son intelligence artificielle intégrée, Grok. LE RÔLE DE BRUXELLES ? Reste que la démarche de la France, qui cible le fonctionnement de l’algorithme et de la modération de X, interroge certains juristes. Pour eux, c’est à Bruxelles qu’il revient de réguler les géants du numérique. Ces questionnements traversent également la Commission européenne, chargée de ces enquêtes. “Les algorithmes sont dans notre domaine de compétence”, juge son porte-parole, Thomas Regnier. “On est en train d’analyser les algorithmes de X, auxquels la plateforme nous a donné accès dans le cadre du DSA. La justice nationale peut avant tout se pencher sur les cas où ce sont des individus qui posent des risques, car nous ne faisons pas d’enquêtes criminelles”, précise-t-il. Par contre, la France a davantage de marges de manœuvre pour sévir face à la plateforme Telegram, puisque les conversations privées tombent entièrement sous le coup du droit national. Le chemin pourrait toutefois être plus ténu pour sanctionner Elon Musk. “La question centrale est de savoir si un PDG est responsable de ce qui est diffusé sur sa plateforme”, soulève le porte-parole. Or, “le DSA n’engage que la responsabilité de la plateforme”. “La France peut, en revanche, agir si Musk partage lui-même des contenus illégaux”, pointe Thomas Regnier. La question de la compatibilité de ces enquêtes avec le droit européen devrait s’inviter au cœur des procédures. Les avocats du cofondateur de Telegram et du site Coco.gg ont d’ores et déjà fait valoir qu’ils contestaient la validité d’une infraction — celle “d’administration de plateforme illicite” —, la mesure aurait dû, selon eux, être notifiée à la Commission européenne. Malgré ces frottements avec la législation de l’UE, l’hyperactivité de la justice française à l’égard des plateformes illustre un phénomène plus large, qui touche d’autres pays européens. A l’image du Premier ministre espagnol, Pedro Sánchez, qui a annoncé cette semaine vouloir renforcer son arsenal pénal pour que les dirigeants des plateformes soient responsables juridiquement des infractions commises sur leurs sites.
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Les locaux français de X perquisitionnés
PARIS — Le parquet de Paris a annoncé ce mardi 3 février qu’une perquisition était diligentée dans les locaux français de X. Menée par la section de lutte contre la cybercriminalité du parquet de Paris, avec l’Unité nationale Cyber de la Gendarmerie et Europol, elle fait suite à l’enquête ouverte sur la plateforme en janvier 2025. Le parquet a précisé, dans un communiqué, que des convocations ont été envoyées au propriétaire de la plateforme, le milliardaire Elon Musk, ainsi qu’à l’ex-dirigeante de X, Linda Yacarino. D’autres salariés sont également convoqués par le parquet la semaine du 20 au 24 avril 2026 pour être entendus en qualité de témoins. “Les auditions libres des dirigeants doivent leur permettre d’exposer leur position sur les faits et, le cas échéant, les mesures de mise en conformité envisagées”, précise la juridiction. “La conduite de cette enquête s’inscrit à ce stade dans une démarche constructive, dans l’objectif de garantir in fine la conformité de la plateforme X aux lois françaises, dans la mesure où elle opère sur le territoire national”, poursuit le parquet. Les investigations portent sur une série d’infractions pénales, parmi lesquelles : complicité de détention d’images de mineurs présentant un caractère pédopornographique, contestation de crime contre l’humanité et administration d’une plateforme en ligne illicite en bande organisée. L’enquête doit déterminer si l’algorithme de X a été manipulé à des fins d’ingérences étrangères. Elle avait été ouverte après le signalement du député Eric Bothorel (apparenté EPR) et d’un haut responsable d’une institution publique française. Tous deux accusaient le réseau social de hiérarchiser les informations disponibles sur la plateforme pour favoriser l’idéologie politique d’Elon Musk. Ces derniers mois, elle avait été élargie au fonctionnement de l’IA Grok, qui a permis de générer, sur X, des contenus négationnistes et des deepfakes à caractère sexuel. Contacté, le bureau français de X n’a pas donné suite au moment de la publication.
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Alpes 2030 : un an de tensions et de prises de bec
L’ambiance est grave, ce lundi 26 janvier, alors que les membres du bureau exécutif du projet “Jeux olympiques Alpes françaises 2030” sont réunis virtuellement. Derrière leurs écrans, les participants — représentants de l’Etat, direction du Cojop, présidents des collectivités concernées — écoutent, concentrés, l’intervention du président de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, Renaud Muselier. L’accent chantant de cet ancien médecin du sport, aux 35 ans de carrière politique, ne masque pas la contrariété : ne serait-il pas temps “d’arrêter le délire”, interroge-t-il au micro, avant d’inviter les uns et les autres à unir leurs forces pour la réussite du projet. Fabrice Pannekoucke, homologue de Muselier au conseil régional d’Auvergne-Rhône-Alpes, prévient à son tour : “Maintenant, il faut que ça délivre.” Ce double rappel à l’ordre, quoiqu’il jette un léger froid, n’est pas tout à fait une surprise, pour les membres du bureau exécutif, qui ne le savent que trop bien : depuis son attribution par le CIO en 2024, le projet des Jeux olympiques 2030, notamment porté par ces deux présidents de région, ne cesse d’enchaîner les accrocs.  Dernière en date : le départ, annoncé vendredi 23 janvier, du directeur de la communication du Cojop, Arthur Richer, qui a jeté l’éponge pour cause de “désaccord sur la stratégie à mettre en place”. Mi-décembre, c’est la directrice des opérations, Anne Murac, une ex de Paris 2024 — où, de l’avis général, elle a excellé — qui a claqué la porte du Cojop. Deux défections qui ont poussé la ministre des Sports, Marina Ferrari, à tirer la sonnette d’alarme, appelant, ce même 23 janvier — soit trois jours avant la tenue du bureau exécutif — à “une clarification rapide et complète sur la gouvernance et la stabilité de l’organisation”. Les Alpes 2030 “exigent une organisation exemplaire, structurée et pleinement opérationnelle”, alertait-elle encore dans un communiqué — des mots soupesés qui, a appris POLITICO, ont été validés par Matignon, acteur discret mais présent dans ce dossier délicat.  Aux grands maux, les grands moyens : l’impasse est telle que les membres du bureau exécutif ont pris la décision de confier une “mission flash” de quelques semaines à Etienne Thobois, un homme qui n’est pas ce que l’on pourrait appeler un débutant. Ex-directeur général des Jeux de Paris 2024, bras droit de Tony Estanguet, Thobois est considéré comme l’un des meilleurs experts de l’événementiel sportif. Sa feuille de route est claire : remettre le Cojop sur les rails. Ou, selon le communiqué diffusé le lendemain de la réunion : l’accompagner dans “une nouvelle phase de sa structuration” pour parvenir à “une organisation plus lisible, stable, et opérationnelle”.  “FAIRE UN TRUC SÉRIEUX” Si le président du Cojop, l’ancienne star du ski de bosses Edgar Grospiron, préfère se rassurer en affirmant que les difficultés s’expliquent par son “ambition des plus élevées”, le dossier des Alpes 2030 n’a rien de simple, tant les acteurs sont multiples et les contraintes nombreuses. Le budget, déjà, est limité, les instigateurs du projet s’étant engagés à organiser les Jeux les “moins chers de l’histoire“. Soit une enveloppe qui ne doit pas dépasser les 2,1 milliards d’euros pour le budget du Cojop dont 74% doit être financé par des ressources privées — à titre de comparaison, les derniers Jeux d’hiver, à Pékin en 2022, ont officiellement coûté 3,9 milliards de dollars. Or, aucun sponsor ou financeur privé ne s’est encore fait connaître, même si Edgar Grospiron continue de promettre “des annonces avant le début des Jeux de Milan” (qui démarrent vendredi), martelait-il dans Ouest France hier. “ Les partenaires privés voient la mauvaise pub faite autour des Alpes 2030 et n’osent pas s’engager”, déplore un acteur du dossier. Malgré la promesse de Jeux “durables”, l’événement est contesté sur le plan démocratique comme environnemental. Plusieurs associations et collectifs citoyens ont ainsi saisi la justice — et même l’ONU — pour réclamer plus de débat et de transparence sur “l’intérêt général du projet”, des demandes auxquelles la justice a pour l’instant accédé. Contrairement aux Jeux de Paris 2024 où la plupart des sites étaient concentrés sur une zone géographique relativement restreinte, ceux des Alpes s’étendent sur plus de 600 km, quatre départements et deux régions, celles-là mêmes qui ont monté le dossier initial : Auvergne-Rhône-Alpes et Provence-Alpes-Côte d’Azur. “Les Alpes 2030, c’est Renaud Muselier qui se réveille un matin et se dit ‘et pourquoi on n’aurait pas les Jeux ?’. Et il s’engage à fond”, se souvient, sourire aux lèvres, Arnaud Murgia, le maire de Briançon, qui a suivi chacune des étapes.  Le projet recevra, à Paris, l’assentiment du président de la République qui, toujours selon Murgia, demande alors à Renaud Muselier “de faire un truc sérieux”. Commence donc une phase de discussions entre cet ex-LR, rallié à Renaissance, et son homologue d’Auvergne-Rhône-Alpes, à l’époque Laurent Wauquiez.  L’ancien président des Républicains, réputé autoritaire, provoquera bien vite quelques dissensions — sollicité, il n’a pas répondu à nos questions. “Laurent a un mode de gouvernance assez souple et doux”, ironise ainsi auprès de nous un élu qui a pu éprouver ses méthodes et le concède, cette fois sans aucune dérision : “C’est le patron chez lui.” Au printemps 2025, Wauquiez mettra par exemple son grain de sel dans le processus de sélection d’un directeur de la communication pour le Cojop, s’opposant à la candidature de Loïc Signor, ancien porte-parole de Renaissance, jugé trop proche d’Emmanuel Macron. Autre point de crispation : le partage des lieux de compétition entre les deux régions. “Laurent était en mode ‘je veux tous les sites dans mes Alpes’, il estimait que les Alpes du Sud ne les méritaient pas”, se remémore Renaud Muselier auprès de POLITICO. A l’époque, les échanges sont “violents”, affirme-t-il encore, entre ces deux élus maîtres en leurs territoires — mais elles se sont depuis largement améliorées, jure l’élu marseillais. Après plusieurs discussions, ils finissent par trouver un accord : au Nord, le ski ; au Sud, le freestyle et la glace. “On s’est partagé en médailles et on a fait moitié-moitié”, décryptera après-coup Muselier qui estime que, dans l’affaire, chacun a été gagnant. “L’avantage de Wauquiez et Muselier, c’est qu’une fois qu’ils se sont dit les choses, ça roule”, abonde Arnaud Murgia.  Si chaque région a son type de discipline, le partage entre stations est un autre motif de frictions. Dans le projet initial, quatre pôles ont été identifiés par les élus : la Savoie et la Haute-Savoie pour AURA, le Briançonnais et Nice en PACA. Mais le diable se cache dans les détails. Ou plutôt en Savoie. SYMBOLE Située à la frontière franco-italienne, dans le massif de la Vanoise en Haute-Tarentaise, Val d’Isère est considérée comme l’une des capitales mondiales du ski. C’est sur sa piste mythique que s’est déroulée une partie des épreuves des Jeux d’Albertville en 1992 et où a lieu, chaque année, le Critérium de la première neige (en décembre) et des épreuves de la Coupe du monde de ski. Son meilleur ambassadeur ? Le triple champion olympique Jean-Claude Killy, qui y a passé une partie de son enfance.  Au tout début du projet Alpes 2030, Val d’Isère ne figure pourtant pas sur la carte des sites envisagés pour les épreuves de ski : contraints par leur budget serré, les élus ont proposé que les courses des disciplines reines se tiennent sur les sites de Courchevel et Méribel, plus proches géographiquement. “C’était déjà difficile de faire accepter au CIO (le comité international olympique) qu’il y aurait quatre pôles et non un seul, il y avait une vraie pression pour que ça n’aille pas plus loin”, justifie Murgia — Val d’Isère étant alors considéré comme un cinquième pôle. D’après un conseiller qui a suivi l’ébauche du projet presque pas à pas, ce serait pourtant “Wauquiez [qui] a viré ‘Val’ de la carte des JO”, soutient-il, sans réussir à réellement expliquer pourquoi… Avant d’en devenir l’un des principaux promoteurs, encore récemment, comme lorsqu’il a posté une vidéo sur ses réseaux sociaux, pour vanter “le boulot de dingue” qui est fait par les équipes de la station et espérer “que ce sera bientôt les JO”.  Toujours est-il que lorsque Jean-Claude Killy constate que Val d’Isère ne figure pas sur la carte des épreuves, il se montre “très ému et remonté” selon le même conseiller. Le champion olympique s’en ouvre alors à l’un de ses amis, Michel Barnier.  L’ordonnateur des Jeux de 92 a mis un pied dans le dossier 2030 dès son arrivée à Matignon. C’est lui qui, peu de temps après sa nomination, signe la lettre de garanties de l’Etat — ce que son prédécesseur Gabriel Attal se refusait à faire, arguant du fait qu’étant en gestion des affaires courantes depuis la dissolution, il n’était pas de son ressort d’engager l’Etat à soutenir financièrement les Jeux. Après avoir quitté la Rue de Varenne, Barnier se voit attribuer une “mission de préfiguration” pour le Cojop, pendant laquelle il participe à “mettre de l’huile dans les rouages”, selon plusieurs interlocuteurs avec qui POLITICO a échangé. C’est lui qui, par exemple, et tout au long de l’hiver 2025, traitera Martin Fourcade pour le convaincre d’accepter le job de président du Cojop. En vain. L’adoubement d’Emmanuel Macron — qui le qualifiait de “Tony Estanguet des montagnes” —, des sujets de sponsors, opportunément relevés par Laurent Wauquiez, et quelques maladresses avec les élus locaux comme cette interview dans L’Equipe dans laquelle Fourcade détaillait son projet pour les Jeux avant même d’avoir été nommé, agaçant les politiques concernés, ont eu raison de la motivation du sextuple champion olympique de biathlon. Exit Martin Fourcade, c’est Edgar Grospiron qui hérite du poste prestigieux de président du Cojop. Et qui, pendant quelques mois, cohabitera avec Michel Barnier qui ne cesse de s’enraciner dans le projet Alpes 2030, raconte Le Parisien en mars 2025.  Sensible à la cause de Val d’Isère et aux souhaits de Jean-Claude Killy, qu’il présente régulièrement comme son “frère”, Barnier met donc tout son poids politique dans la balance pour remettre la station savoyarde dans le projet, quand bien même cela se fait au détriment d’une autre station, celle de Méribel. Alors que la carte officielle des sites olympiques devait être dévoilée l’automne dernier, sa présentation a de nouveau été ajournée tant elle est devenue un sac de nœuds. Arrivée au ministère des Sports en octobre, dans les valises du gouvernement Lecornu, la Savoyarde Marina Ferrari a fait le choix de temporiser et de reporter l’annonce officielle des sites au mois de juin 2026. “Je ne suis pas inquiet, ce sujet ne représente pas un risque pour le projet”, a tenté de rassurer Edgar Grospiron dans Ouest France hier. Un énième exemple d’interventionnisme politique qui ne gêne pas le président du Cojop qui s’accommode parfaitement, selon certains qui ont pu le voir à l’œuvre, de la présence forte des élus. N’a-t-il d’ailleurs pas coutume de dire, en interne, que “les chefs ce sont les politiques” lui qui avait aussi promis de “ne pas faire de politique”, lors de sa candidature de dernière minute, après le fiasco Fourcade ? De fait, le Cojop répond théoriquement aux élus. Le 22 février prochain, lorsque l’organisation de Milan-Cortina transmettra le flambeau des Jeux d’hiver à la France, ce n’est pas Edgar Grospiron mais Fabrice Pannekoucke et Renaud Muselier, les représentants des collectivités hôtes, qui seront sur la scène.  Et le plus dur, alors, commencera. 
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Municipales : des candidates dénoncent une “bulle masculine” créée par les algorithmes des grandes plateformes
PARIS — “Vous savez que si vous êtes un homme, vous avez plus de chances de tomber sur cette publication ?” Face caméra, la conseillère départementale écologiste Elodie Jeanneteau dénonce l’algorithme à l’œuvre derrière Instagram et Facebook qui, selon elle, propose ses vidéos à un public essentiellement masculin.  Ce vendredi, l’élue doit se rendre à Paris, au siège de Meta, propriétaire des deux réseaux sociaux. Elle n’a pas attendu d’être invitée pour s’y rendre, mais elle a un but bien précis : obtenir des explications sur ce qu’elle estime être un biais genré de leur outil technologique, indique-t-elle à POLITICO. Un constat partagé par une centaine d’autres élues locales et nationales, essentiellement écologistes, mais aussi socialistes et une poignée d’ex-macronistes. Toutes ont signé une tribune pour alerter sur ce phénomène qui les empêche de mener campagne sur les réseaux sociaux pour les municipales.  “Pour se faire connaître, les réseaux sociaux sont incontournables”, pointe la conseillère départementale auprès de POLITICO. “Le problème, c’est que l’on se fait cataloguer d’office par l’algorithme en tant que femme. Les hommes sont donc 86% en moyenne à voir mes vidéos, non pas parce que j’aborde un sujet de finance locale, mais parce que je suis une femme.” Les conséquences ne se font pas attendre : sous ses publications, les commentaires sur ses tenues ou de sa situation matrimoniale affluent. “C’est comme si nous étions inscrites sur un site de rencontres, alors qu’il s’agit de publications politiques”, s’insurge l’élue.  Ces dernières années, plusieurs ONG, dont Amnesty International, ont documenté les problèmes posés par ces biais technologiques. “Dans un contexte électoral, ces fonctionnalités peuvent inciter à des menaces physiques ou sexuelles sous des publications qui sont diffusées par l’algorithme à un certain public (ici des hommes, NDLR) parce que l’outil pense que ça va générer des réactions et donc du temps d’attention”, décrit ainsi à POLITICO Katia Roux, chargée de plaidoyer Libertés à Amnesty France.  Malgré les obligations de transparence des algorithmes, imposées aux plateformes par l’Union européenne, cette dernière s’inquiète d’un phénomène qui ne cesse de s’amplifier.  “Meta ne fait pas exception, puisqu’on a vu récemment leur volonté de se séparer d’une modération humaine pour rectifier ces erreurs algorithmiques”, souligne-t-elle.  UN ENJEU DÉMOCRATIQUE  Le constat est partagé par l’eurodéputé écologiste David Cormand, qui porte ces sujets à Bruxelles dans le cadre de la mise en œuvre du règlement sur les services numériques (DSA).  “Le harcèlement en ligne, notamment des femmes politiques, provoqué par ces leviers algorithmiques pèse d’autant plus sur les élus locaux qui n’ont pas vraiment d’équipe de communication à disposition pour les aider”, rappelle-t-il. Et de poursuivre : “Le risque, c’est que des internautes — certains le font déjà — se servent de ces biais algorithmiques pour nuire aux candidates et candidats d’une élection comme celle des municipales.”  De fait, l’eurodéputé aimerait que les plateformes soient réellement responsables des contenus mis en avant par leurs algorithmes. Et de citer Facebook qui reste, selon lui, le réseau social le plus plébiscité des électeurs. “Facebook, c’est un peu l’équivalent d’un TF1. C’est là où les familles se retrouvent à un moment, surtout au niveau local”, estime-t-il. Reste que pour Elodie Jeanneteau, la seule application des textes européens ne suffit pas. Et si son déplacement au siège de Meta relève surtout du symbole, elle a tout de même préparé une petite liste de revendications : “je compte bien leur demander de la transparence sur les critères de recommandation des contenus politiques, une équité dans la diffusion des prises de paroles des élues et la garantie d’un réel accès pluraliste aux idées pour les utilisateurs de leurs services”, énumère-t-elle pour POLITICO.  Contacté par POLITICO, Meta renvoie à ses règles de classement des contenus. La page indique que “des milliers de signaux” sont pris en compte dans la façon de mettre en avant des contenus vers un utilisateur donné. En faisant la lumière sur ce sujet, la conseillère départementale espère en tout cas sensibiliser le grand public sur le très grand pouvoir des plateformes lors d’événements démocratiques majeurs, comme les élections. Cet article a été modifié pour ajouter la réponse de Meta.
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Grok restreint l’accès à son générateur d’images qui déshabille les femmes
BRUXELLES — L’IA d’Elon Musk Grok a limité l’accès à son générateur de deepfakes, disponible sur le réseau social X, après que ses utilisateurs ont créé une déferlante d’images de nus non consenties. Grok indique désormais que la création d’images “est actuellement limitée aux abonnés payants”, ce qui “permet de garantir une utilisation responsable pendant que nous continuons à affiner les choses”. Il cite “les problèmes récents et les améliorations apportées aux mesures de protection”. Le chatbot a attiré l’attention des autorités de régulation et des responsables politiques de toute l’Europe après avoir permis à ses utilisateurs de manipuler des photos publiées en ligne pour en faire une série de deepfakes, incluant des représentations de mineurs et de personnalités publiques déshabillés. La vice-première ministre suédoise Ebba Busch a été l’une des dernières victimes les plus en vue. Le message n’est cependant plus visible des utilisateurs européens. “Ce message de Grok a été bloqué dans l’Union européenne en vertu des lois locales”, est-il désormais indiqué. La Commission européenne a ordonné à X jeudi de conserver “tous les documents et données internes relatifs à Grok” — une escalade dans l’enquête en cours sur les politiques de modération de contenus de X — après avoir qualifié les deepfakes sexuellement explicites d’“illégaux”, “épouvantables” et “dégoûtants”. X n’a pas répondu à notre demande de commentaire à l’heure où nous publions.
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La justice étend son enquête sur X aux deepfakes de femmes déshabillées par l’IA Grok
PARIS — La justice française va enquêter sur la prolifération, sur la plateforme X, de deepfakes à caractère sexuel générés par l’intelligence artificielle (IA) Grok, a indiqué le parquet de Paris à POLITICO. Le parquet a en effet été saisi, ce 2 janvier, par les députés Arthur Delaporte (PS) et Eric Bothorel (apparenté Ensemble pour la République) après que des milliers de deepfakes non consentis à caractère sexuel ont été générés par Grok et publiés sur X.  “Ces faits ont été joints à l’enquête déjà ouverte sur X, sur le fondement de l’article 226-8-1 du code pénal”, précise le parquet, qui rappelle que ce délit est puni de deux ans d’emprisonnement et 60 000 euros d’amende. Les deux parlementaires ont confirmé à POLITICO avoir effectué des signalements à la justice sur la base de l’article 40 du code de procédure pénale.  Depuis deux jours, des centaines de femmes et d’adolescents témoignent du fait que leurs photos, publiées sur les réseaux sociaux, sont “dénudées” à la demande d’autres internautes par Grok, l’intelligence artificielle intégrée au réseau social X.  Ces montages photographiques générés par IA portent atteinte “à la dignité des personnes représentées” estime Arthur Delaporte dans son courrier à la procureure, consulté par POLITICO. Contacté par POLITICO, le cabinet de la ministre déléguée au numérique indique se pencher sur les problèmes posés par Grok, sans plus de précision pour l’instant. La haut-commissaire à l’Enfance Sarah El Haïry s’est dite “scandalisée” par ces pratiques. Plusieurs associations comme Stop Fisha et Respect Zone ainsi que le signaleur de confiance Point de Contact ont en outre indiqué à POLITICO être en train de récolter des contenus signalés par les utilisateurs pour les faire remonter aux autorités. Cette nouvelle affaire va étoffer l’enquête déjà ouverte par la section de lutte contre la cybercriminalité contre la plateforme X. Une procédure déjà élargie en novembre à des propos antisémites et négationnistes disséminés par Grok.  Eric Bothorel, qui avait obtenu l’ouverture de l’enquête judiciaire contre le réseau X en février dernier, a également indiqué à POLITICO saisir conjointement l’Arcom et la Commission européenne. Sollicité par POLITICO, X n’a pas donné suite au moment de la publication. 
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L’Union européenne inflige une amende de 120 millions d’euros à la plateforme X
BRUXELLES — La Commission européenne a infligé vendredi une amende de 120 millions d’euros à X, le réseau social d’Elon Musk. Il s’agit de la toute première sanction prononcée en vertu du règlement européen sur les services numériques (DSA). Cette décision, qui risque d’exacerber les tensions avec les États-Unis, a d’ores et déjà suscité des critiques de la part de J.D. Vance. Le vice-président américain a ainsi jugé que cette amende était une sanction pour “absence de censure”. Le montant de l’amende est pourtant modéré par rapport aux sanctions infligées précédemment par Bruxelles aux entreprises technologiques.  Dans le cadre des négociations commerciales, les États-Unis ont fait pression à plusieurs reprises sur l’UE pour qu’elle assouplisse sa réglementation. X a été reconnu coupable de manquement aux obligations de transparence qui lui incombent en tant que très grande plateforme en ligne, au titre du règlement sur les services numériques (DSA). La Commission a jugé le design de la coche bleue de X “trompeur” après sa transformation en fonctionnalité payante. L’exécutif européen a également déclaré que le répertoire publicitaire de X manquait de transparence et ne permettait pas aux chercheurs d’accéder aux données publiques, comme l’exige la loi. Cette amende ne marque que la fin d’une partie de l’enquête menée par l’UE et ouverte il y a près de deux ans. D’autres volets, portant sur les efforts déployés par X pour lutter contre la diffusion de contenus illégaux et la manipulation de l’information, sont toujours en cours. Bruxelles subit une pression croissante de la part des dirigeants européens, des eurodéputés et des organisations de défense des droits numériques pour conclure l’enquête sur X, et prouver ainsi son engagement à protéger les citoyens en ligne.  “Notre objectif n’est pas d’infliger les amendes les plus élevées, mais de garantir l’application de notre législation numérique. Si vous respectez nos règles, vous n’aurez pas d’amende”, a déclaré Henna Virkkunen, vice-présidente exécutive de la Commission européenne chargée de la souveraineté numérique, lors d’un point de presse vendredi matin. En vertu du DSA, les entreprises peuvent être condamnées à une amende pouvant atteindre 6 % de leur chiffre d’affaires annuel mondial. Si les revenus mondiaux de X sont estimés à quelques milliards d’euros, ceux des entreprises de Musk sont bien plus importants. Répondant aux propos de Vance, Virkkunen a déclaré aux journalistes : « Le DSA n’a rien à voir avec la censure ; cette décision concerne la transparence de X. » Elle a également indiqué que le montant de l’amende avait été jugé “proportionné” et calculé en tenant compte de “la nature de ces infractions, de leur gravité pour les utilisateurs européens concernés et de leur durée”. Interrogé sur la méthode de calcul de l’UE, un haut fonctionnaire de la Commission a réaffirmé le principe de proportionnalité et précisé qu’il ne pouvait être “réduit à une simple formule économique”. De son côté, la ministre française déléguée à l’IA et au Numérique Anne Le Hénanff a affirmé que la France “souten[ait] pleinement cette décision … qui envoie un message clair à l’ensemble des plateformes”. X n’a pas immédiatement répondu à notre demande de commentaires.
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Affaire Jean Pormanove : la difficile introspection des influenceurs
PARIS — “Aucune torture, même rémunérée, ne doit être encouragée.” Ces mots sont ceux de Tibo Inshape, un des rares influenceurs à s’exprimer sur le sujet. Le youtubeur le plus suivi de France a pris la parole sur X le 19 août, au lendemain du décès tragique du streameur Raphaël Graven. Connu sous le pseudonyme de Jean Pormanove, l’homme de 45 ans est mort en direct sur la plateforme Kick, après avoir subi des mois durant des violences infligées par deux autres streameurs, encouragés par des dons de leurs nombreux spectateurs. Le parquet de Nice enquête sur les circonstances de cette mort, quand le parquet de Paris a annoncé se pencher sur les pratiques de la plateforme. Désormais au centre de l’attention politico-médiatique, Kick fera l’objet d’un sort particulier du député Arthur Delaporte (PS) et de l’ex-député Stéphane Vojetta (EPR), dans le cadre de leur mission sur la régulation du secteur, a annoncé mardi Clara Chappaz. Leur mission voit son périmètre élargi à la monétisation des contenus violents ; les conclusions sont annoncées pour la fin de l’année. La ministre déléguée au Numérique a également assuré à POLITICO que “l’ensemble des parties prenantes aux enjeux de cette mission seront sollicités, dont l’Union des métiers de l’influence (Umicc)”, qui fédère les créateurs de contenu. Ceux-ci sont en effet partie prenante du problème, selon une partie des internautes et les pouvoirs publics. La prise de conscience sur les dérives de certaines tendances, imaginées avant tout pour ameuter des spectateurs, arrive trop tard. Les agissements du Lokal, le collectif de streameurs dont faisait partie Jean Pormanove, avaient été notamment documentés par Mediapart en décembre dernier, sans guère susciter de réaction.  LE BUSINESS DU CHALLENGE EXTRÊME  Le silence d’une majorité des influenceurs peut s’expliquer par le fonctionnement d’une partie de l’écosystème et l’aspect lucratif des “challenges”. Soit des vidéos où le vidéaste réalise des défis, parfois dangereux, pour capter l’attention d’un public sans cesse plus avide d’images chocs. Ceux qui se sont aventurés à condamner ces pratiques, et notamment les violences subies par Raphaël Graven, ont reçu en retour des messages haineux. C’est le cas de la streameuse Avamind sur X, après s’être prononcée en faveur de l’interdiction de la chaîne du Lokal. Preuve, selon plusieurs observateurs, d’une habitude du public à l’égard de ces contenus et d’une réticence des influenceurs à condamner unanimement ces pratiques, de crainte de s’attirer les foudres de leurs abonnés.  “Les challenges extrêmes sur les réseaux sociaux existent depuis un moment”, rappelle également Stéphanie Laporte. La fondatrice de l’agence Otta et spécialiste du secteur de l’influence prend pour exemple des figures populaires, comme celles du youtubeur Inoxtag, qui a pour habitude de faire dans le contenu sensationnel. Le vidéaste de 23 ans a gravi il y a un an l’Everest avant de se lancer, il y a quelques mois, dans la traversée de l’Atlantique en une dizaine de jours. Il a commencé plus jeune par des “pranks” (canulars) destinés à se faire peur avec son collègue Michou et à filmer leurs réactions parfois violentes.  S’il s’agit ici d’un contenu encadré, que le youtubeur a les moyens de financer, d’autres plus précaires, comme le Lokal, vont plus loin dans les défis dangereux afin de capter une audience en quête d’interdit. “Pour les youtubeurs connus, il est donc difficile de venir faire la morale aux plus petits influenceurs”, constate Stéphanie Laporte. “La société et les influenceurs doivent poser eux-mêmes des limites à ce qui est proposé sur le web”, renchérit Hervé Godechot, journaliste et ex-membre du collège de l’Arcom, le régulateur du secteur. RENFORCER LE CADRE ÉTHIQUE  De son côté, l’Umicc, qui rassemble une partie des créateurs de contenu et des agences, donne pour preuve de sa bonne foi les chartes éthiques non contraignantes qu’elle a élaborées pour sensibiliser ses adhérents. Mais renvoie la balle aux plateformes pour limiter les contenus les plus extrêmes. “Tout l’écosystème à un rôle à jouer et nous agissons sur la responsabilisation des professionnels, mais les plateformes ont, elles aussi, une responsabilité majeure dans la prévention des dérives”, a réagi par écrit un porte-parole de l’Umicc questionné par POLITICO. Le syndicat pousse pour que le gouvernement oblige les plateformes à modérer en temps réel des contenus en direct et à un retrait plus rapide des publications signalées par les associations. Ces pistes devraient être étudiées dans le cadre de la mission parlementaire lancée par Clara Chappaz. 
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Le parquet de Paris ouvre une enquête sur la plateforme de streaming Kick
PARIS — Le parquet de Paris a annoncé ce mardi l’ouverture d’une enquête préliminaire concernant le site de streaming Kick pour “fourniture en bande organisée de plateforme en ligne illicite”.  Une semaine après le décès du streameur Jean Pormanove en plein direct, le parquet cherche à savoir si le site australien “fournissait, en connaissance de cause, des services illicites, notamment par la diffusion de vidéos d’atteintes volontaires à l’intégrité de la personne”.  L’enquête, confiée à l’office anti-cybercriminalité (OFAC), devra également déterminer si Kick respectait ses obligations au titre du règlement européen sur les services numériques (DSA). Et notamment l’obligation “de signaler aux autorités les risques d’atteintes à la vie ou à la sécurité des personnes”.  Sur sa chaîne, la plus suivie en France, Jean Pormanove, de son vrai nom Raphaël Graven, subissait des actes de violences physiques et verbales de la part de ses partenaires de stream depuis plus d’un an.  Cette enquête est ouverte “en concertation avec le parquet de Nice”, le parquet de Paris ayant une compétence nationale sur les sujets cyber.   Le parquet de Nice a déjà ouvert deux enquêtes : l’une en décembre à la suite des révélations de Mediapart, l’autre au lendemain de la mort de Raphaël Graven. Elles se poursuivent. Pour l’heure, aucun lien direct n’a été identifié entre sa mort et les violences qu’il a subies. 
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