PARIS — La justice française va enquêter sur la prolifération, sur la plateforme
X, de deepfakes à caractère sexuel générés par l’intelligence artificielle (IA)
Grok, a indiqué le parquet de Paris à POLITICO.
Le parquet a en effet été saisi, ce 2 janvier, par les députés Arthur Delaporte
(PS) et Eric Bothorel (apparenté Ensemble pour la République) après que des
milliers de deepfakes non consentis à caractère sexuel ont été générés par Grok
et publiés sur X.
“Ces faits ont été joints à l’enquête déjà ouverte sur X, sur le fondement de
l’article 226-8-1 du code pénal”, précise le parquet, qui rappelle que ce délit
est puni de deux ans d’emprisonnement et 60 000 euros d’amende.
Les deux parlementaires ont confirmé à POLITICO avoir effectué des signalements
à la justice sur la base de l’article 40 du code de procédure pénale.
Depuis deux jours, des centaines de femmes et d’adolescents témoignent du fait
que leurs photos, publiées sur les réseaux sociaux, sont “dénudées” à la demande
d’autres internautes par Grok, l’intelligence artificielle intégrée au réseau
social X.
Ces montages photographiques générés par IA portent atteinte “à la dignité des
personnes représentées” estime Arthur Delaporte dans son courrier à la
procureure, consulté par POLITICO.
Contacté par POLITICO, le cabinet de la ministre déléguée au numérique indique
se pencher sur les problèmes posés par Grok, sans plus de précision pour
l’instant. La haut-commissaire à l’Enfance Sarah El Haïry s’est dite
“scandalisée” par ces pratiques.
Plusieurs associations comme Stop Fisha et Respect Zone ainsi que le signaleur
de confiance Point de Contact ont en outre indiqué à POLITICO être en train de
récolter des contenus signalés par les utilisateurs pour les faire remonter aux
autorités.
Cette nouvelle affaire va étoffer l’enquête déjà ouverte par la section de lutte
contre la cybercriminalité contre la plateforme X. Une procédure déjà élargie en
novembre à des propos antisémites et négationnistes disséminés par Grok.
Eric Bothorel, qui avait obtenu l’ouverture de l’enquête judiciaire contre le
réseau X en février dernier, a également indiqué à POLITICO saisir conjointement
l’Arcom et la Commission européenne.
Sollicité par POLITICO, X n’a pas donné suite au moment de la publication.
Tag - Protection des mineurs en ligne
PARIS — Sur instruction du Premier ministre, le gouvernement a engagé une
procédure de suspension du site Shein, a annoncé le ministère de l’Economie et
des finances ce mercredi.
Le communiqué de Bercy indique que cette suspension durera “le temps nécessaire
pour que la plateforme démontre (…) que l’ensemble de ses contenus sont en
conformité avec nos lois et règlements”.
Cette demande de suspension fait suite à la découverte vendredi de poupées
sexuelles à l’effigie d’enfants sur le site. Ce matin, le député Antoine
Vermorel Marques (DR) a également saisi la justice après avoir découvert la
présence d’armes de catégorie A sur le site.
Un “premier point d’étape” devra être fait par les ministres dans les 48
prochaines heures, précise également le communiqué.
PARIS — Le ministre de l’Economie a menacé Shein d’interdiction en France si
l’enquête judiciaire montrait que les comportements de la plateforme de
fast-fashion sont “répétés”. Roland Lescure était interrogé ce matin sur BFM TV
après que la direction générale de la Concurrence, de la Consommation et de la
Répression des fraudes (DGCCRF) a découvert, vendredi 31 octobre, que la
plateforme proposait à la vente des poupées sexuelles à l’effigie d’enfants.
L’administration avait alors immédiatement saisi le procureur de la République
et l’Arcom.
“Pour des actes terroristes, pour le trafic de stupéfiants et pour des objets
pédopornographiques, le gouvernement est en droit de demander l’interdiction de
l’accès au marché français”, a ajouté le ministre de l’Economie.
“Ces objets horribles sont illégaux”, a rappelé Roland Lescure, ajoutant avoir
saisi la justice et l’Arcom, qui est compétente en la matière puisque Shein a
été désignée l’an passée comme très grande plateforme en ligne (VLOP) dans le
cadre du règlement européen sur les services numériques (DSA).
La haut-commissaire à l’Enfance, Sarah El-Haïry, a pour sa part annoncé dimanche
son intention de convoquer “l’ensemble des grandes plateformes” pour comprendre
le circuit de commercialisation de ces produits.
En 2021, le site de vente en ligne Wish avait fait l’objet de mesures de
déréférencement à la demande de Bruno Le Maire, alors ministre de l’Economie.
Après plusieurs enquêtes de la DGCCRF sur la sécurité des produits proposés par
la plateforme, les principaux gestionnaires de moteurs de recherche et les
magasins d’applications mobiles avaient été appelés à dérérencer Wish, avant que
le site ne soit finalement à nouveau autorisé un an plus tard.
Contacté par POLITICO, Shein n’a pas donné suite au moment de la publication.